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Manager un collaborateur dépressif

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Comment accompagner un collaborateur enlisé dans un pessimisme chronique ?

Sans estime de soi

L’état dépressif se caractérise par une humeur triste et morose, indépendamment des circonstances extérieures. La personne dépressive se dévalorise, ne se sent pas « à la hauteur » et entretient un pessimisme à toute épreuve. Au travail comme dans la vie privée, elle se refuse les sources de satisfaction – qui peuvent être source d’une forte culpabilité. Elle se laisse porter, passivement, là où d’autres savent faire preuve d’enthousiasme et se montrer entreprenants. A l’instar de nombreuses autres pathologies de l’humeur, l’état dépressif puise ses racines dans l’enfance. Lorsqu’un employé est concerné, le trouble est donc durablement installé. Il empire généralement avec le temps et détermine une forte résistance au changement (résistance passive, appréhension marquée) qui inhibe l’innovation et l’adaptation à un monde du travail en perpétuel mouvement.

Sans motivation

Dans une équipe, le collaborateur dépressif a tendance à rester en retrait, à éprouver des difficultés pour s’affirmer et faire valoir son point de vue. Elle peut même finir par nourrir silencieusement beaucoup de frustration et d’amertume (les autres ne s’intéressent pas à elle). Outre l’absentéisme, l’absence de motivation qui résulte de cet état a des effets pervers et peut engendrer une forme de stigmatisation dans une équipe.

A encadrer

En tant que manager, ne perdez pas de vue qu’un collaborateur souffrant d’un état dépressif a avant tout besoin de consulter un professionnel de la relation d’aide. Encadrez-le en l’invitant à se tourner vers un médecin du travail. En tout état de cause, évitez absolument le ton paternaliste et moralisateur du style « secouez-vous », « il faut vous ressaisir », « quand arrêterez-vous de voir le verre à moitié vide ? »… Ces expressions ont pour effet de l’infantiliser et de le mettre face à ses insuffisances. Qui plus est, elles sont parfaitement inefficaces ! A l’inverse, sachez relever les éclairs d’optimisme de ce collaborateur. Valorisez ses réussites professionnelles. Proposez-lui des activités dans lesquelles il peut s’illustrer positivement et regagner un peu d’estime de soi. Tout en respectant sa vision, rappelez-lui qu’un verre à moitié vide est, par définition, également à moitié plein. Parlez de vous, de votre vision réaliste des choses.

Ni sauveur ni persécuteur

Enfin, préservez-vous des deux pièges devant une personne qui joue la position de « victime ». Ne sombrez pas dans la tentation d’être « sauveur » (celui qui veut absolument « sauver le monde »). Gardez en tête que, même s’il souffre, le collaborateur qui s’installe dans un rôle de « victime » y gagne aussi des bénéfices secondaires. Vous êtes son manager, vous n’êtes pas professionnel de la relation d’aide. Lorsque son comportement vous exaspère, ne succombez pas davantage à la tentation de devenir « persécuteur ». Au contraire, recadrez avec fermeté mais sans agressivité, en reformulant ses propos (« Quand vous dites… voulez-vous dire que… ») et en parlant de vous, de vos émotions et de votre demande (« Personnellement, je suis ennuyé… je vous demande de…… »). Enfin, pensez à vous préserver et à protéger vos autres collaborateurs en vous portant garant du cadre. Vous montrerez ainsi l’exemple à votre équipe et assurerez un environnement sécurisant propice au travail.

Pour en connaitre davantage sur ce sujet, consultez notre page  » Manager les personnes difficiles

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