Efficacité

La visualisation mentale ou comment anticiper la victoire chez les sportifs de haut niveau

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En préparation mentale des sportifs, la visualisation est l’une des techniques les plus largement utilisées car considérée comme redoutablement efficace. Les neurosciences, encore elles, nous apportent de précieux renseignements sur son fonctionnement. Ainsi, les grands sportifs peuvent se révéler aussi de grands intellectuels : ils entraînent leur esprit avant de se frotter aux terrains. Une idée reçue en moins.

© Jonathan Evans / GO Premium / GraphicObsession

La visualisation est essentielle pour la performance.



Churchill, Lénine, Herzog… on ne sait pas très bien qui est l’auteur de cette citation devenue proverbiale : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin ». Mais, ce n’est pas très important. Disons simplement qu’elle préfigure et en quelques mots ce que peut apporter la visualisation anticipée d’une action qui n’a pas encore eu lieu. Pour y parvenir, cette action d’imaginer ce que physiquement il va arriver demande à activer un maximum de sens afin de rester au plus proche de la réalité.
Ainsi, en football par exemple, je peux m’imaginer facilement tirer un penalty contre une équipe bien précise. L’exercice d’imagerie consiste alors à visualiser le terrain, sa couleur, le gardien, la balle et sa trajectoire jusque dans le but. Je sollicite alors la vue. Pendant cette visualisation, je prends soin de ressentir les sensations et les rythmes internes de ma respiration, de mes muscles pendant tout le moment de l’action. Je me concentre alors sur le sens kinesthésique. Puis, j’écoute le bruit de la balle, c’est le sens auditif que je sollicite. Et enfin, je me concentre sur le toucher quand je ressens les sensations de contact entre mon pied, le sol, ensuite avec la balle. Le but de ce jeu est de bien coller à la réalité du terrain.

L’évidence apportée par les neurosciences

Une partie du travail est de visualiser plusieurs fois en intégrant différents contextes externes comme le vent, la pluie, les sensations de fatigue, la pression du public… Car c’est en ayant visualisé le plus de possibilités qu’instinctivement le corps s’adapte rapidement dans la réalité.
En revanche, ce travail se fait davantage sur des habiletés fermées du sportif car ce sont les situations dans lesquelles l’individu a la maîtrise de la majorité des paramètres de son environnement. Par exemple les touches au Rugby, les services au tennis, les penalty au football.
Les neurosciences viennent confirmer depuis 10 ans la puissance de cette technique (voir illustration).

Hanakawa-et-al.-2008

Les zones cérébrales activées pendant le process de penser ou de mouvement. (Hanakawa-et-al.-2008)

A la première ligne, les zones en bleu turquoise indiquent les aires cérébrales activées par l’imagerie motrice. Celles en violet indiquent les parties cérébrales activées par le mouvement réel. Les zones foncées indiquent les aires cérébrales activées à la fois par le mouvement réel et imaginaire. L’intensité des activations cérébrales au cours de la visualisation reste toutefois plus réduite que celles induites par le mouvement volontaire.
On observe donc facilement et scientifiquement les similitudes entre l’imaginaire et le réel au niveau cérébral.
Il existe aussi des similitudes au niveau de l’activation du système nerveux autonome (neurovégétatif). Selon l’étude Di Rienzo (2013), au cours de la visualisation, il y aurait une certaine préservation de la commande neurovégétative au niveau de l’activité cardiorespiratoire. En résumé la visualisation permet l’activation du cœur, du système nerveux au même titre que dans la situation réelle mais avec une intensité plus faible.
L’intérêt d’intégrer la visualisation aux entraînements des sportifs s’impose maintenant comme une évidence mondialement reconnue. D’autant plus, que celle-ci ne génère pas, par essence, de fatigue neuro-musculaire (Rozand et Al., 2014). Alors à quand l’intégration plus systématique de ces techniques simples pour prévenir le stress en entreprise ? Préparer des entretiens ? Préparer des négociations ou des gestions de crises ?

Domaines dans lesquels les bénéfices sont reconnus en sport pour cette pratique :

– Stimulation de l’apprentissage des habiletés motrices ;
– se préparer à l’action ;
– amélioration de la concentration ;
– optimisation de la performance utilisation dans les routines de performance ;
– amélioration de la confiance en soi ;
– rééducation musculaire ;
– gestion du stress.

Nicolas Desbordes pour CSP

Nicolas Desbordes, formateur coach CSP
Spécialiste de la performance des Sportifs de haut niveau, il forme aux techniques de réussite individuelle et collective en entreprise. Diplômé Universitaire en préparation mentale, Maître praticien en PNL, Consultant, Coach, il forme, entre autres, aux techniques managériales, au développement personnel, à la gestion du stress, à la communication.

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