Formation Professionnelle

“La promesse CSP-Docendi ? Une offre lisible et une capacité d’ingénierie complexe sur demande”

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Après sa récente nomination à la tête de l’ensemble CSP-Docendi, Natacha de Saint Vincent chapeaute les six organismes de formation du groupe Lefebvre Sarrut. Pour nous, elle évoque pêle-mêle l’impact de la réforme sur le business, la complémentarité de la formation avec l’édition juridique, métier historique du groupe et enfin, imagine la formation de demain. Gestion du Covid 19 comprise.

Natacha de Saint Vincent DG du pôle formation du groupe Lefebvre Sarrut et de CSP-Docendi

Vous êtes DG du pôle Formation du groupe et vous venez de prendre la direction de CSP-Docendi. Pourquoi maintenant ?

Aujourd’hui, pour faire face aux enjeux de nos clients et de la réforme, nous devons avoir la capacité de réaliser des investissements et de mobiliser des ressources. C’est pour cela que le pôle se constitue au sein du groupe de manière de plus en plus intégrée. Pour Lefebvre Sarrut, la formation représente un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros en France et plus de 80 000 personnes formées chaque année. CSP représente plus d’un tiers de ces chiffres. Par ailleurs, ces activités nous permettent de rentrer en contact plus direct avec les clients du groupe : les RH en particulier, qui sont nos commanditaires mais aussi certains grands comptes avec qui CSP a des liens très forts.

Quels sont vos premiers objectifs à la tête de CSP ?

Le premier objectif est l’intégration de Docendi à CSP, et l’écriture de notre histoire commune. Docendi, comme Bärchen, a rejoint le groupe en juillet 2019. Ces acquisitions s’inscrivent dans une démarche générale de développement des activités de formation au sein du groupe. Docendi a été acquis directement par CSP, avec pour objectif de tirer le meilleur parti de cette alliance, inscrite sous le signe de l’innovation pédagogique et de la complémentarité. En effet, CSP s’impose comme le spécialiste du sur-mesure et Docendi détient l’offre blended packagée la plus aboutie du marché. Nous avons aujourd’hui posé ensemble une ambition forte et souhaitons ouvrir la “voie.x” pour et auprès de nos clients, afin d’accompagner les changements dans les entreprises grâce à la montée en compétences autour des soft skills.

Lefebvre Sarrut est historiquement un groupe d’édition juridique… que dit votre arrivée sur sa stratégie ?

Le groupe est certes majoritairement connu pour son métier d’éditeur juridique et fiscal. Toutefois, pour l’anecdote, la formation a été la première activité créée par Francis Lefebvre lui-même. Et la formation est une activité stratégique du groupe, traduite d’ailleurs par les récentes acquisitions. C’est en effet un vecteur d’intimité client supplémentaire et un potentiel relais de croissance. Plus généralement, nous travaillons les synergies avec les autres organismes de formation du groupe mais aussi avec les maisons d’édition, afin de proposer des offres les plus complètes possibles en joignant nos forces sur les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être. Ma connaissance intime de plu-sieurs sociétés du groupe aide à identifier ces ponts et à les construire de manière pragmatique. Lefebvre Sarrut est un groupe familial, avec lequel CSP partage des valeurs communes d’exigence, d’attachement à la qualité à tous les niveaux, de bienveillance également. CSP est aussi le moyen d’ouvrir à d’autres horizons, qui touchent à des compétences plus transversales absolument indispensables pour certains métiers cœur de cibles des clients du groupe, comme par exemple les experts comptables ou les avocats dont les professions et les environnements se transforment en profondeur.

Quel a été l’impact de la réforme sur les organismes que vous dirigez ?

Avec cette réforme, quelques mots ou sigles reviennent en boucle : CPF, certifications, AFEST, apprentissage, etc. Dans les faits, ce qui est essentiellement à retenir est que les financements, historiquement très orientés vers les entreprises, vont vers d’autres populations, plus “fragiles” : les chômeurs, les apprentis, les personnes en situation de handicap. Ce qui est en soi un choix systémique tout à fait louable. Mais qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises ? Cela les oblige à se responsabiliser sur la montée en compétence de leurs salariés, ce qui est d’ailleurs une tendance de fond. Elles doivent raisonner de plus en plus indépendamment des éventuels financements, et en conséquence, aborder la formation avec une vision ROIste. Elles forment et formeront leurs salariés uniquement si c’est rentable pour elles.

Qu’est-ce que cela représente pour CSP ?

Nous nous inscrivons pleinement dans cette vision puisque notre approche a toujours été centrée sur l’efficacité professionnelle et la qualité. CSP pro-pose aujourd’hui douze parcours éligibles au financement CPF. Ces parcours constituent pour nous une porte supplémentaire de montée en compétences, accessibles directement aux salariés en reconversion par exemple. En revanche, le financement CPF ne répondra pas à tous les besoins de l’entreprise, car c’est n’est pas son objectif. C’est pour cela que la majorité de notre catalogue est financé directe-ment par les entreprises.

Est-ce que vos clients ont eux aussi changé leur approche ?

Nous avons constaté un certain attentisme des grandes et moyennes entreprises en début d’année 2019, car elles étaient habituées à bénéficier de financements importants qui, aujourd’hui, ne sont plus disponibles. Toutefois, ces entreprises savent l’importance de la formation pour leurs salariés et dès le second semestre, les commandes ont repris un cours plus normal. Les métiers émergents, les profonds changements sociétaux, l’importance grandissante des soft skills et plus généralement le vieillissement de la population sont autant de moteurs d’une croissance durable du marché. En ce qui nous concerne, les changements législatifs nous ont également poussés à être encore plus clairs et concentrés dans notre proposition, avec un catalogue restreint de formations. Nous sommes en revanche capables de décliner sur mesure tout type de dispositif de formation à la demande de nos clients. C’est d’ailleurs un double effet constaté de la réforme à date : la nécessité d’une offre sur étagère claire et lisible, la capacité à déployer des dispositifs à ingénierie complexe sur demande auprès des clients. La promesse CSP-Docendi de demain se construit donc autour de ces deux axes, qui sont nos points forts historiques.

La réforme a permis de remettre la formation au goût du jour et le Covid 19, les modalités à distance ! Quelle actu !

Oui ! La réforme a eu l’avantage de remettre la formation dans le débat public mais ses conséquences nous obligent à repenser nos offres. L’irruption du Covid 19, elle nous démontre de façon encore plus évidente l’importance des autres modalités possibles. Dans la gestion d’une crise comme celle-ci, les dispositifs distanciels s’imposent d’eux-mêmes. La possibilité de les déployer rapidement nous permet de proposer des solutions à nos clients et ainsi éviter, dans la mesure du possible, les reports ou les annulations sèches. Notre expérience en ce domaine devient une précieuse aide pour une réponse au cas par cas et pertinente.

L’impact du Covid 19 sera aussi important en interne…

Oui. C’est une politique que nous souhaitions développer davantage mais là aussi, le Covid 19 accélère les choses ! Nous avons encouragé le télétravail dès l’annonce de la fermeture des écoles au moins jusqu’au début mai. Naturellement, l’impact financier sera réel. Mais il est encore trop tôt pour le chiffrer précisément.

Propos recueillis par Nadia Ali Belhadj – CSP

Natacha de Saint Vincent

Diplômée d’HEC, Natacha de Saint Vincent a travaillé dans le conseil et l’industrie en France et à l’étranger avant de rejoindre le groupe Lefebvre Sarrut en 2008. Elle a d’abord dirigé la Relation client aux Éditions Législatives puis la Connaissance client au sein des équipes Marketing mutualisées EL-Dalloz.
Les six organismes de formation du groupe sont : Francis Lefebvre Formation, Dalloz Formation, Elegia, Bärchen, CSP The Art of Training et Docendi.

Cet article est paru sous la forme d’un publi-rédactionnel dans Le Nouvel Economiste du 27 mars 2020.

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