Formation Professionnelle

Ce qu’apportent les neurosciences à la gestion de projet

1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (3 vote(s), note: 4,33 / 5)
Loading...

Les études sur le fonctionnement du cerveau ne cessent de progresser et impactent particulièrement nos métiers liés à l’humain. Education, formation, pédagogie, management… de nombreux domaines sont concernés par ces découvertes. Du coup, quid plus précisément de l’impact des neurosciences sur la gestion de projet de formation?

Ce que les neurosciences apportent à la gestion de projet

Whispering in Ear

Au-delà des différents outils de gestion et d’organisation, au-delà d’un certain équilibre du triptyque CQD (Coût-Qualité-Délai), ce qui reste fondamental pour réussir son projet c’est l’aspect relationnel. C’est à ce niveau que toute étude scientifique sur le fonctionnement du cerveau humain devient éclairante.

Des clés pour accompagner le changement

Les neurosciences nous aident à comprendre comment nous réagissons face à différentes situations et donnent des indications sur la façon de les gérer.
Ainsi, notre système nerveux réagit très différemment selon que :
– la situation est simple et connue (avec une tendance naturelle vers le mode automatique) ;
– ou complexe et inconnue (le mode adaptatif devenant alors le plus approprié).

En fait, il ne recrute pas les mêmes circuits et ne déploie pas les mêmes stratégies.

Fort de ces enseignements, le chef de projet peut user d’outils qui feront appel au mode automatique du cerveau : note de cadrage, rétro-planning, organigramme des tâches, réunions régulières du comité de pilotage… Autant de rituels, d’actions simples et répétées qui visent à rassurer et à gagner en efficacité par l’utilisation de stratégies maîtrisées (outils, comportements, etc.).
Ce faisant, le chef de projet devient plus à l’écoute du client et de ses besoins. Le système nerveux mobilise alors nos ressources cérébrales, en particulier celles de notre cortex préfrontal, pour considérer la situation avec ouverture : remettre en question les évidences et construire de nouvelles stratégies.

Avoir conscience de l’existence de ces deux modes (automatique ou adaptatif) et de leur champ d’actions permet de mieux appréhender l’autre et de faire confiance en ses capacités d’adaptation. Le chef de projet veille alors à partir de l’univers familier du client pour améliorer son ancrage mnésique. Il prévoit aussi de l’impliquer le plus en amont possible pour que son interlocuteur devienne moteur du changement. Il s’agit d’éviter de plaquer une solution toute prête au problème et alors de laisser un espace pour que le client s’exprime et réagisse aux propositions. La solution finale devient alors le fruit d’une coconstruction, le client acceptant mieux le changement provoqué par le projet de formation.

Un fonctionnement en mode agile

Les neurosciences amènent à se rapprocher des valeurs agiles dans la gestion de projet. Le mode du même nom permet d’optimiser la performance et fait bien appel au mode adaptatif. Par exemple, la plasticité du cerveau nous prouve que rien n’est figé. Nous sommes capables d’une certaine flexibilité mais aussi d’agilité dans les projets.

La science révèle que nous procédons par itérations, par des cycles que l’on peut décomposer en quatre étapes successives : prédiction, feedback, correction, nouvelle prédiction. Le cerveau humain a ainsi besoin de retour d’information (feedback) pour progresser. Les méthodes agiles offrent les mêmes opportunités avec des livraisons rapides, des boucles de validation qui permettent de rectifier le tir et de produire progressivement en accord avec les attentes du client.

Les neurosciences nous enseignent aussi qu’il faut du temps à notre cerveau pour mémoriser et changer. Il s’agit notamment de prendre du recul et d’accepter parfois de perdre du temps pour en gagner. Un exemple ? Il vous est certainement arrivé de foncer dans la production après la réunion de cadrage et de vous entendre dire à la livraison « bah non, ce n’est pas ça que je voulais » ? Prendre le temps des allers-retours, de vérifier qu’on est bien en phase, de faire valider les étapes intermédiaires permettent de réduire les aléas et d’éviter les pertes (de temps, d’argent, d’énergie). C’est ainsi qu’une session test pour une formation en présentiel ou un prototype pour un dispositif digital paraissent incontournables et laissent le temps d’ajuster.

Chaque projet unique offre l’occasion de s’ouvrir à la nouveauté notamment via la puissance de l’intelligence collective. En effet, les neurosciences nous renseignent aussi sur la rigidité possible de nos schémas de pensée. Les sillons neuronaux régulièrement alimentés peuvent s’enliser et très naturellement se réactiver lors de situations similaires. C’est bien là que la confrontation avec l’autre conduit à sortir de ses pratiques habituelles.
Compte tenu des capacités exceptionnelles du cerveau humain, la science dévoile la valeur ajoutée du brainstorming par exemple, qui multiplie ses aptitudes et ouvre vers de nouvelles pistes. Les principes agiles nous amènent justement à miser sur « les individus et les interactions plutôt que sur les processus et les outils » (première valeur du Manifeste Agile)

De l’émotion pour faire adhérer et mener à la satisfaction

L’objectif premier du chef de projet est « d’embarquer » les parties prenantes et de les satisfaire. Les neurosciences dévoilent les leviers de motivation et suggèrent notamment de faire naître une émotion positive pour accroître l’engagement. Le chef de projet soignera particulièrement le lancement de son projet avec un teaser pour communiquer les enjeux, un kick-off (séminaire/journée de lancement) évènementiel pour surprendre et marquer les esprits… Jouer sur la joie et le rire sont des clés qui fonctionnent pour laisser une empreinte positive dans le cerveau.
Pourquoi ne pas l’appliquer à la gestion de projet ? C’est ici qu’on peut imaginer une scénarisation du déroulement du projet. Raconter une histoire sur un ton humoristique, utiliser la métaphore d’une série qui se déroule en plusieurs épisodes pour présenter les différentes étapes du projet… Autant d’idées un peu décalées qui aideront les acteurs à se projeter et leur donneront envie de suivre le changement !

Carine Fontaine pour CSP

Carine Fontaine

Carine Fontaine, Chef de projet pédagogique CSP
Titulaire d’un Master professionnel en Sciences de l’éducation, spécialisé formation des adultes, Carine exerce depuis une dizaine d’années la fonction de Chef de Projet pédagogique au sein d’organismes de formation multispécialistes. Chez CSP, elle accompagne aujourd’hui, la mise en place de vos projets de formation quelles que soient la thématique et la modalité souhaitée (digitale, présentiel, blended). Sa mission principale est de créer les conditions optimales pour développer les compétences et ainsi participer à l’épanouissement professionnel de chacun.

 

Découvrez les bonnes pratiques à adopter en formation,  inscrivez vous à notre matinale gratuite « Les neurosciences au service de l’apprentissage ! », le 13 avril à Lyon !
Pour télécharger le livre blanc Neurosciences et formation
Interview vidéo de Pierre-Marie Lledo, directeur de recherche en neurosciences à l’institut Pasteur
Article de Aurélie Van Dijk coauteur du livre blanc CSP Neurosciences et Formation Comment les neurosciences revisitent la formation professionnelle
Article écrit à quatre mains par Yann Coirault et Xavier Martin, formateur CSP Neurosciences : ce qu’elles ont confirmé et infirmé de la formation
Interview de Xavier Martin, formateur CSP et coach certifié de l’Institut des neurosciences appliquées, coauteur du livre blanc Neurosciences et formation : « Il faut suivre son chemin… neuronal »

Commentaires (1)

Commenter cet article

  1. Bravo pour cet article intéressant qui touche un sujet encore trop peu connu. Si vous avez le temps consultez notre dernier article sur le sujet !
    https://www.perfony.com/fr/on-se-servait-de-nos-emotions-ameliorer-efficacite-travail/

icone commentaire Commenter cet article

obligatoire

obligatoire (ne sera pas publié)