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Le cerveau, une machine à collecter les erreurs

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Pas la peine d’en faire une histoire. Une erreur ce n’est rien. C’est une donnée supplémentaire que le cerveau sait très bien gérer. Voilà le grand enseignement des neurosciences que Xavier Martin et Philippe Mayet, coaches et formateurs CSP, résument ici en trois points.

Qu’est-ce que l’erreur pour le cerveau ?

Notre cerveau est câblé pour détecter nos erreurs. Pour lui, l’erreur est une différence entre la réalisation et la prédiction. Il ne donne pas de jugement de valeur à l’erreur, c’est juste une information pertinente.
Le résultat peut être moins bien mais aussi mieux qu’espéré… ce qui est sûr, c’est que le cerveau va créer de nouveaux chemins neuronaux. Autrement dit, il va apprendre.
 

Apprentissages et erreurs : les 2 modes de fonctionnement du cerveau

Le mode automatique

La répétition d’une connaissance ou d’un processus entraîne son automatisation. Elle ne requiert pas d’effort conscient, ni de mobilisation cognitive importante. Ce mode de fonctionnement se révèle rapide et économique (voir le livre blanc et Les Cahiers CSP Formation et neurosciences)

Exemple d’erreur générée par le fonctionnement automatique
Je pars au travail avec mon cartable et la poubelle et je jette mon cartable dans le conteneur tandis que je pose la poubelle sur le siège passager de la voiture ou du bus.

Compétence Cerveau erreur martin

Le mode analytique

Ce second mécanisme s’oppose au premier. Il s’agit, cette fois, d’inhiber un processus automatisé afin d’effectuer un raisonnement. Ce mode de fonctionnement est plus lent, représente un coût cognitif et énergétique plus important mais se révèle plus fiable que le mode automatique.
Cependant : il peut être altéré et générer son lot d’erreurs jusqu’à la persistance dans l’erreur et notamment :

Sous stress : l’analyse d’accidents révèle que la pression opérationnelle peut mener le cerveau, même le plus expérimenté, à être totalement dépassé par des situations critiques. Par exemple l’accumulation d’erreurs dans le déroulé de situations ayant mené à des catastrophes (crash aérien).

Dans l’indécision : je ne connais pas les réponses à un test alors je ne réponds pas ! J’aurais mieux fait de tenter ma chance et de répondre car mon cerveau aurait autant appris des réponses qui auraient été justes que de celles qui auraient été fausses.
 

Que se passe-t-il lorsque le cerveau se rend compte de l’erreur ?

Prenons un exemple de la vie quotidienne :

– Vous arrivez au carrefour, par habitude, vous mettez votre clignotant à droite et, au moment de tourner…
– Votre cerveau vous dit : « ce n’est pas à droite, c’est à gauche ! »
– Vous freinez, mettez le clignotant à gauche, un œil dans le rétroviseur, personne, vous tournez finalement à gauche.

>>La gestion de l’erreur a produit les effets escomptés et les circuits de la récompense (dopamine) sont activés.

Dans cet exemple, que s’est-il produit au niveau du cerveau ?
C’est votre mode de pensée automatique qui vous a fait aller à droite par habitude. A l’instant où votre cerveau s’est rendu compte de l’erreur, il a envoyé un signal de correction appelé ERN (Error related Negativity). Puis, le déclenchement de son mode analytique vous a fait corriger. Le FRN (Feedback Related Negativity) qui est entré en scène.

Ainsi certains neurones anticipent en permanence les résultats possibles de nos actions et comparent l’issue réelle avec l’effet supposé.
 

Très précieuse flexibilité

Ainsi l’erreur est le mode de fonctionnement normal du cerveau. Ce dernier est fait pour les détecter et les corriger. Celle-ci peut venir d’un excès de confiance dans le mode automatique ou bien provenir d’une perturbation dans le mode analytique issu du stress, des émotions, de la fatigue…
Plus vous êtes conscients de l’impact des facteurs physiologiques et psychologiques (stress, charge émotionnelle, fatigue…) sur votre mode de fonctionnement, plus vous limiterez les erreurs.

En fait, les neurosciences ont montré la grande flexibilité de performances du cerveau et la nécessité absolue du droit à l’erreur.

Xavier Martin et Philippe Mayet

Xavier Martin
Diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Lille, titulaire d’un cycle de Marketing Stratégique de l’Institut Français de Gestion, certifié Success Insights

Sa formation, ses 20 années d’expérience commerciale et marketing lui donnent une vision d’ensemble des thématiques liées à la relation client et au développement commercial. Depuis 10ans, il est consultant formateur dans ces domaines et dans le management d’équipes. Chez CSP, Il est aussi responsable de l’offre du domaine Vente et Relation Client.

Philippe Mayet
Consultant-formateur en management – coach certifié

Il intervient au sein de CSP depuis 2010 après plusieurs années en tant que directeur du développement des ventes et de la formation pour des groupes internationaux. Il se positionne sur plusieurs domaines d’intervention comme la relation client, le coaching, le management, la communication et le développement personnel.

 

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Cet article est issu du Cahier CSP – Apprendre par l’erreur, un recueil des articles de nos experts !

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