Leadership et Management

Le changement : entre consentement et auto-réalisation

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Entre une évolution nécessaire, naturelle et des modifications de process permanents, le changement a mauvaise presse. L’aborder lors de séminaires d’entreprises est toujours chose délicate, ceux qui ont participé ou animé le savent bien. Mais l’appréhension que suscite cette dynamique ne date pas d’aujourd’hui… Explication en cinq citations d’illustres prédécesseurs.

155 cm x 188 cm, Photo Erich Lessing, Louvre.edu .

La Mort de Sénèque de Luca Giordano (v. 1684), huile sur toile, Musée du Louvre

Parler de changement sous la bannière des organisations peut participer d’une forme de manipulation. Surtout à l’endroit de ceux dont elles souhaitent, pour des raisons rarement explicitées, qu’ils adoptent des comportements ou des procédures imaginés hors des sphères dans lesquelles devront s’exercer ces changements. Attaquer le sujet du changement par cette façade relève de fait d’une méfiance à l’égard de tout ceux qui prétendent aux changements…. surtout pour les autres. Les uns diront : “le changement c’est maintenant”. Pour les autres le changement “c’est quand je veux”. Darwin a eu beau nous faire comprendre que nous sommes des êtres en constante évolution, il n’en est pas moins vrai que tout changement nous bouscule. Alors pour illustrer le propos, voici cinq citations sur le changement, cinq points de vue qui nous rappellent que le sujet n’est pas d’aujourd’hui.

« Le changement est une porte qui ne s’ouvre que de l’intérieur »
Pour les adeptes des concepts managériaux, Tom Peters est une référence… en constante évolution. Cette phrase nous rappelle que nous sommes les seuls à pouvoir décider pour nous-même. Et que c’est un travail particulier sur soi, dans le temps, qui permet d’ouvrir cette fameuse porte. Siddhartha et le bouddhisme semblent avoir inspiré l’apôtre du management “libérateur”, tout comme les porteurs de la psychologie humaniste.

« La résistance au changement est l’expression raisonnable et légitime des risques que comporte le changement pour les acteurs »
Michel Crozier, un des pères de la sociologie des organisations, pointe ce qui aujourd’hui pourrait passer pour une évidence. Cette citation a inspiré de multiples séminaires d’entreprise dont le but est de faire comprendre que le grincement dans l’action de transformation est incontournable ; mais qu’il ne doit en aucune manière empêcher cette fameuse transition, pensée par ceux qui dirigent et à laquelle il est urgent de consentir. On doit à la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross le fameux processus de deuil permettant de comprendre que tout changement ne s’enclenche pas en un claquement de doigt et a un besoin irréductible de temps.

« Les seules connaissances qui puissent influencer le comportement d’un individu sont celles qu’il découvre par lui-même et qu’il s’approprie »
Carl Rogers, monument de la psychologie, montre la voie en démontrant que la motivation est endogène et non exogène : on ne fait bien que ce que l’on envie de faire. Ainsi, l’être humain est le seul véritable auteur de son changement dont la durée dépend du temps qu’il mettra à intégrer le sens donné à ce changement. Parfois ce sera en un éclair, porté par la notion d’évidence ou de “bon sens”. Parfois les années passées ne suffiront pas à accepter un changement subi car incompris ou inacceptable.

« L’immuable, c’est le changement »
Le sage Lao Tseu quant à lui, nous rappelle que nous sommes des êtres en changement permanent. Aujourd’hui est une autre vie qu’hier, demain sera porteur de nouveauté. Oui, le changement est naturel et source de vie. A condition qu’il soit conduit par la sagesse et une saine curiosité. Ainsi vieillir n’est plus une tare mais une chance de continuer le chemin, de mûrir ou de découvrir le monde.

« Ce n’est pas le changement qui fait peur aux gens, mais l’idée qu’ils s’en font »
Sénèque pourrait conclure ce bref clin d’œil à la notion de changement. Se projeter dans le changement se cultive. Et comprendre qu’il est vital de choisir une nouvelle direction à chaque croisée des chemins, c’est revenir aux sources de notre humanité, celle qui a permis à l’homme d’engager le chemin pour découvrir le monde et au-delà, se découvrir soi. Socrate nous y aurait invité avec gourmandise, Maslow nous aurait alors montré le haut de sa fameuse pyramide.

Michel Queyraud – CSP

Formation – Accompagner le changement
Formation – Le Management de projet agile

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