Leadership et Management

Erreurs+ émotions +temps = un trio créatif détonnant !

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Clotilde Audin est une fidèle contributrice de notre blog et des Cahiers CSP. Aujourd’hui, grâce à son expérience de formatrice en intelligence émotionnelle et en assertivité de soi, elle se penche sur les bienfaits de l’erreur… car il y en a.

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Avant toute chose, retournons à la source du mot. Au sens étymologique, l’erreur naît d’un esprit qui se trompe. Elle prend même l’apparence d’une “course à l’aventure”. Littéralement, l’erreur devient un égarement.
Mais d’une manière plus subtile, l’erreur peut être vue comme une alchimie. Ainsi, elle révèle alors un sens intime et profond aux actes que l’on dits manqués. L’erreur invite à s’aventurer dans la matière. Elle explore sous tous les angles et ouvre une porte à la communication et au partage. Si en plus, elle se mêle à la créativité, l’erreur prend le chemin des solutions plus innovantes et induit l’essence même de chaque action entreprise.

Erreur ou faute ? erreur est la question

En posant la question, l’erreur invite à adopter un autre éclairage et devient une source de découverte. Pour chacun d’entre nous, l’erreur prend la fonction d’ouverture à soi vers le monde. Elle donne l’impulsion vers un changement de paradigme voire à un changement de cadre. Et puisque comme dit l’adage, l’erreur est humaine, chacun d’entre nous est voué à en commettre.
Soulignons une nuance de sens qui fait que l’erreur se différencie bien et bel de la faute. La faute reste une « sortie de route délibérée d’un cadre, de règles établies ». Par exemple, un joueur de foot qui sort des règles réalise une faute. L’erreur, quant à elle, demeure liée étroitement à la méconnaissance. Elle trouble et voile une réalité qui exige une mise en lumière.

Erreur et émotion

Nier l’erreur, c’est croire en une vérité absolue, dogmatique. Cela ressemble à s’y méprendre à une forme de fermeture… à soi en premier lieu, comme si on posait une couverture sur son corolaire « sentimental »… la peur. On distingue plusieurs types de peurs :

– Peur de (se) remettre en question

Perçue comme un manque de confiance, elle s’impose pourtant comme la base même de sa fortification. Si je sors de ma zone de confort, la remise en question – à plusieurs reprises – me permet de trouver un nouvel équilibre qui se transforme en confiance.
Peur d’avoir à corriger
Elle souligne un manque de performance, d’efficacité qui peut s’incarner dans ce genre de pensée : « je ne sais pas faire ou n’ai pas le niveau, on va me juger »… C’est précisément cette modification qui invite à l’apprentissage ; cet ajustement qui vise l’expertise.
– Peur de perdre du temps
La convoitise actuelle est de « gagner du temps », « faire vite » alors que le temps est indispensable pour imprégner, faire qualitatif et rendre plus heureux.

Erreur et apprentissage en entreprise

L’erreur demande de déployer sa valeur intrinsèque, de renforcer sa propre posture, son état d’être, notamment au sein de l’entreprise.
Ainsi, se donner le droit, se voir attribuer le droit à l’erreur, c’est s’ouvrir, étayer des mécanismes d’apprentissage. C’est également se positionner dans l’action et marcher vers le changement. Si nous restons bloqués dans des non-droits ou des émotions alors les freins s’activent et enlisent l’action.

Au quotidien, nous fonctionnons avec le trio émotions-corps-mental (lire à ce sujet Trois points pour comprendre et savoir accueillir l’inévitable erreur) : démarches intellectuelles d’observation, d’analyse, de réflexion, d’adaptation (mental) qui s’alignent avec le système émotionnel qui signale via mon corps pour l’éveiller à vivre, à expérimenter, à s’approprier l’expérience en lien avec qui je suis.
Si je vis un conflit entre ces trois parties lors d’une erreur dans la réalisation de mon projet et que je la nie (mental) par « peur d’être jugé.e » (émotionnel + mental), je continue à alimenter mon mental par un auto-jugement. Je me culpabilise, j’amplifie mon émotion de stress et nourris des symptômes corporels sur l’instant (tensions musculaires, raideurs mâchoires, épaules, dos, cœur qui palpite…) et dans le temps (eczéma, affections auditives/ visuelles, burn-out…). Le projet, quant à lui, peut alors devenir un échec ou être parsemé de difficultés de tout ordre.

L’erreur nous invite à visiter plus en profondeur un sujet pour évoluer dans la pratique. Nous faisons corps avec elle. Tout comme pour apprendre à conduire : la complexité des gestes au départ devient un automatisme maîtrisé avec le temps.
Je m’approprie l’action en conscience et cela induit un renfort d’estime et de confiance. Je bénéficie alors d’un apprentissage de moi-même. Alors, je m’accepte, je reconnais ce qui est bon pour moi, ce qui ne l’est pas. Enfin, j’apprends à jouer avec le temps et à structurer qui je suis avec mes limites et mes forces.

Ouverture

Dans ces conditions, ne nions plus l’erreur puisqu’elle est un frein à l’apprentissage et à l’évolution. Le mental va redoubler d’effort pour rejeter l’erreur en vous offrant les propos du genre : « je n’ai pas le droit », « on ne me donne pas le droit », « c’est mal vu », « je dois être à la hauteur du poste », etc.

Comment réagir dans ce quotidien dicté par plus d’efficacité, de performances en des temps record ?
Une piste possible :
Il est de bon aloi de transformer vos messages de manière réaliste pour retrouver équilibre, énergie ainsi qu’un gain de temps. Revisiter la notion de « temps nécessaire », afin d’être plus en conscience. Répéter, refaire de mieux en mieux, s’approprier, se perfectionner… Nous le savons, ces étapes demandent du temps, mais permettent d’en gagner tellement ensuite. De plus, elle offre cette sensation de satisfaction, d’une action réalisée au maximum de ses capacités.
Du bon sens, un curseur au bon endroit, au bon moment et de l’adaptation… le cocktail est détonnant. Essayez !

Clotilde Audin

Formation : Cultiver son intelligence émotionnelle

Clotilde Audin

Issue de l’entreprise sur les métiers du marketing, et de la communication, Clotilde intervient sur la gestion du stress, l’assertivité, l’intelligence émotionnelle et la prise de parole en public notamment avec la richesse de la transversalité des approches humaines.

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