Leadership et Management

Humilité, courage, esprit collaboratif… le cercle vertueux de l’erreur

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L’erreur est impondérable à l’acte d’apprendre. Elle forge notre cerveau et ouvre les voies qui mènent à la réalisation de soi et l’expression des potentiels… Mais, nous l’avons tous ressenti au moins une fois, elles peuvent nous prendre à défaut, nous bloquer, nous humilier. Le rôle du formateur est précisément celui qui soustrait de l’accablement et qui ouvre une voie dans ce que l’on croyait perdu.

© Daisy Reillet/CSP

La façon dont sera appréhendée l’erreur détermine ses conséquences donc ses bénéfices. Face à ce paradoxe, le rôle du formateur devient fondamental pour donner un destin vertueux et pédagogique à l’erreur. Il lui appartient de créer le climat de bienveillance dans lequel toutes les erreurs se transforment en opportunité d’apprendre. Alors, l’erreur une chance pour apprendre ou un échec à oublier ?

Quand les audaces deviennent des succès

Première chose : en formation, il n’y a pas ni erreur, ni échec, il ne reste que des expérimentations. Dans une salle, il n’y a donc aucun risque de se tromper. Chacun peut y exposer et défier son savoir en tentant de nouvelles techniques ou en le confrontant aux connaissances des autres. Ce moment devient un espace-temps où toutes les audaces deviennent des succès. Dans ce contexte, l’émergence de l’erreur est aussi induite par la situation. La formulation de la consigne d’exercice et l’environnement dans lesquels elle s’exprime peuvent en être la raison.
Aussi, donner un statut à l’erreur, c’est permettre de l’appréhender comme un phénomène constitutif de l’apprentissage. L’erreur n’est pas une faute, pas un trou, pas un manque, pas une lacune. L’erreur indique l’état d’une représentation à travailler, la manifestation d’une manière personnelle de se représenter les choses, l’expression d’une incohérence à transformer. Cette vision donnée à l’erreur inscrit ses règles d’interprétation, autorise le fameux « droit à l’erreur » et dédramatise son expression voire ses conséquences.

Donner un salut à l’erreur

Autoriser et inviter l’erreur, c’est aussi savoir l’accueillir. Avant de la cueillir, de la souligner, il devient primordial de saluer l’initiative et de remercier de la démonstration. L’erreur doit alors être considérée comme une étape dans le processus d’apprentissage et non évidemment une fin en soi. Elle révèle le savoir à acquérir et son expression stimule le besoin de comprendre, de disposer de connaissances, de les mémoriser enfin. Elle guide l’intérêt d’apprendre, éveille l’envie de mieux faire… Ainsi, nous pouvons avancer que la valeur de l’erreur, c’est pointer les axes du progrès… Le salut de son émergence donne du sens aux apports de savoirs.

L’envie de mieux faire

Ouvrir la voie du progrès, c’est savoir surprendre l’erreur au bon moment. Faire un flash instantané sur la maladresse, la démasquer, la corriger et permettre la reprise ouvrent la possibilité d’un ancrage des savoirs plus immédiat et important. Une erreur détectée ouvre la prise de conscience et engage une démarche corrective et constructive. L’erreur permet de comprendre ce qu’il y a à apprendre et sa prise de conscience une réévaluation de l’environnement, des éléments en présence qui ont permis cette erreur. Il s’agit alors de rectifier son comportement et déclencher des mécanismes d’adaptation et d’acquisition. Donner un salut à l’erreur, c’est surprendre les réussites autant que les erreurs puis savoir flasher dans l’instant la « bonne pratique », exposer le pourquoi « c’est bien ». Par cette alternance, le formateur bâtit la réflexion sur ses feedbacks et engage la prise en compte des savoirs à assimiler.

La dimension collaborative de l’erreur

Surprendre l’erreur, c’est savoir lui donner un effet collaboratif. L’erreur exposée n’est pas que le fait de la personne. Dans le cadre d’un travail d’équipe, l’erreur paraît moins discriminante et donc plus facilement acceptée. Elle stimule la coopération et transforme la faute en challenge à résoudre. Son apparition invite le groupe à s’engager dans l’analyse de la situation, à se former un esprit critique et à faire appel à sa créativité.
Donner de la reconnaissance aux erreurs, c’est remarquer l’humilité, le courage et l’esprit collaboratif de la personne engagée. L’erreur exposée donne l’occasion au groupe entier de tirer des leçons et d’intégrer de nouvelles pratiques. Elle marque la cohésion et l’empathie dans le groupe.
En formation, comme dans la vie, les erreurs peuvent devenir des cadeaux… d’une façon ou d’une autre.

Adeline Binard – partenaire CSP

© Daisy Reillet/CSP Adeline Binard
Après des fonctions de chef de groupe dans la grande distribution dans plusieurs villes de France, Adeline rejoint CSP pour intervenir dans les domaines de la formation de formateur, du tutorat et du management. Très axée sur le développement des hommes à l’intérieur de l’entreprise, elle est en permanence à la recherche d’approches nouvelles pour leur permettre de mieux s’adapter à leur environnement.

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