Quelle que soit la nature du public visé (collègues de travail ou membres d’autres services, managers, clients), nous sommes régulièrement amenés à nous exprimer à l’oral devant autrui. Dans un cadre de communication très souvent reconfiguré par le télétravail et le recours aux visioconférences, cet exercice génère une certaine inquiétude ! Comment assurer sa prise de parole et convaincre, tout en gagnant en aisance ? 3 conseils pour activer cette compétence et en faire une force.

Prise de parole à distance : 3 clés pour booster votre communication orale

1 – Définissez les objectifs de votre prise de parole et apprivoisez vos émotions

S’il fallait proposer un « guide » de la communication orale, le premier chapitre s’ouvrirait ainsi : la prise de parole en public ne s’improvise pas !

Il s’agit tout d’abord de définir les buts visés : souhaitez-vous informer, convaincre, ou faire agir ?  En fonction de la réponse, le discours devra être orienté de façon différente, avec un plan adapté, un cadrage précis du contenu et des arguments. Et comme toute « bonne histoire » commence par une introduction percutante, il est important de soigner votre entrée ! Plusieurs types d’accroche ont démontré leur efficacité, notamment :

  • L’anecdote personnelle, qui crée un sentiment de proximité entre l’orateur·trice et l’audience ;
  • le trait d’humour, s’il est pour vous naturel ;
  • une question provocante, si vous cherchez à faire réagir vos interlocuteurs d’emblée ;
  • le retour d’expérience, pour ancrer vos apports dans une situation précise.

Vous allez ainsi capter l’attention de l’audience et « l’embarquer » dans votre présentation.

Communication et prise de parole mettent en jeu des émotions, lesquelles peuvent nous handicaper ou devenir de précieuses alliées. Chez les personnes peu habituées à prendre la parole en public, cette perspective déclenche souvent du stress, voire de l’anxiété. Or ces mécanismes, bien ancrés dans notre cerveau reptilien (fuite, évitement…), doivent être relativisés : dans ce type de situations, les risques n’ont rien à voir avec ceux, vitaux, que couraient nos ancêtres ! Il est donc important d’apprendre à relativiser nos réactions émotionnelles négatives et à s’en détacher ; en minimisant leur portée, leur intensité s’atténue. Cette prise de recul ne doit toutefois pas conduire à négliger nos émotions, qui par nature nous adressent un message. Il s’agit plutôt de se protéger de leur effet potentiellement paralysant avec des exercices adaptés.

 

2 – Prenez le temps de préparer votre intervention

À l’image d’un comédien avant d’entrer en scène ou d’un sportif avant une compétition, vous ne devez négliger ni l’entraînement ni la répétition. Cette phase amont de la prise de parole concerne :

  • La voix: il s’agit de l’échauffer pour gagner en puissance et précision vocales, avec des exercices de relaxation et de respiration abdominale. Une pratique régulière permet de mieux maîtriser la sortie de l’air, et donc de mieux gérer la durée des phrases. La respiration abdominale favorise aussi la régulation du rythme cardiaque, atténuant de fait trac et stress.
  • Le rythme: pour produire un discours impactant, vous avez intérêt à adopter un autre phrasé, plus séquencé et appuyé. Il s’agit de scander vos propos, en détachant des syllabes et en accentuant certains mots ou groupes de mots, ou encore de marquer des temps de pause.
  • Le contenu: pas de secret, il faut répéter en testant différentes manières de s’approprier la prise de parole. Cette phase de répétitions intervient à 70 % dans la réussite finale. Elle fournit un socle de confort, pour être aussi à l’aise que possible le jour J.
  • Le mental: pour gagner en confiance et « croire » en vos capacités d’orateur· trice, n’hésitez pas à recourir à la visualisation positive – imaginez le déroulement réussi de votre intervention, en vous représentant mentalement le lieu, les personnes dans la salle ou devant l’écran, les grandes étapes… La veille de votre intervention, pratiquez des exercices de relaxation avant de vous endormir.

 

3 – Misez sur une animation de qualité pour optimiser votre prise de parole à distance

Bien sûr, le fond de vos propos est essentiel. Mais c’est bien leur forme qui va vous permettre de capter l’attention et de maintenir vos interlocuteurs engagés. Si ce principe s’applique à tout type de prise de parole en public, un contexte distanciel requiert une « vigilance » supplémentaire :

  • Veillez à l’environnement visible à l’écran – en soignant le décor et l’arrière-plan, en faisant attention à la lumière et aux ombres sur votre visage, en vous assurant de ne pas être dérangé. L’utilisation d’écouteurs permet par ailleurs de renforcer votre immersion dans l’échange.
  • Animez et alternez les temps de parole et d’écoute – en laissant vos interlocuteurs terminer leurs phrases et en profitant des silences pour vous exprimer. À cet égard, il est essentiel de redoubler d’attention pour repérer les signaux non verbaux qui rythment les échanges.
  • Pensez à vos expressions faciales et à sourire – vous aurez peut-être l’impression de vous forcer mais n’oubliez pas qu’à distance, chacun s’observe… Cette expressivité contribue à la qualité de l’échange.
  • Mobilisez votre regard en continu– premier vecteur d’intention et d’émotion, celui-ci joue un rôle essentiel dans la prise de parole. La technique du balayage, qui vise à porter son regard en alternance sur les différents interlocuteurs sans les fixer, contribue à engager son auditoire, renforçant votre pouvoir de conviction et votre crédibilité.

Pour gagner en efficacité lors d’une prise de parole en visioconférence, n’hésitez pas à vous montrer plus direct et aller à l’essentiel. L’objectif est de faire passer des messages, davantage que de tirer parti de la richesse des interactions. Pour autant, attention à ne pas supprimer totalement la dimension relationnelle ni l’interactivité ! Tout est question de dosage.

 

>> Et pour conclure :

  • N’hésitez pas à vous servir des fonctionnalités de visioconférence pour garantir la qualité des échanges, en coupant les micros des personnes qui ne parlent pas – si besoin – afin d’éviter interférences et autres bruits parasites.
  • Invitez vos interlocuteurs à utiliser le chat, surtout lorsque ceux-ci ont un grand nombre de questions !
  • Évitez de rentrer dans un tunnel conversationnel avec un seul participant, le reste de l’assistance risquant alors de décrocher.

 

Article rédigé avec le concours de Morgane Barbedienne, responsable des gammes Communication et Efficacité professionnelle de CSP DOCENDI

 

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