Popularisé par les travaux de chercheurs américains depuis la fin des années 1990, le concept d’intelligence émotionnelle s’est largement diffusé dans les organisations. Pour autant, sa prise en compte en contexte professionnel reste minimale. Comment « fonctionne-t-elle » et quels bénéfices peut-on en attendre, à titre individuel et collectif ? Éléments de réponse.

 Intelligence émotionnelle

Quelles sont les composantes de l’intelligence émotionnelle ?

Capacité d’adaptation, esprit d’initiative, empathie… Ces soft skills sont considérées par Daniel Goleman comme autant de facettes de l’intelligence émotionnelle. Depuis plus de 20 ans, le célèbre psychologue américain s’appuie sur des études menées auprès de milliers de salariés pour affirmer le rôle déterminant de cette forme d’intelligence dans la réussite professionnelle. Il conseille ainsi de s’attacher à développer cinq compétences : la conscience de soi, la maîtrise de soi, la motivation, l’empathie et ce qu’il appelle la maîtrise des relations humaines.

Au fil des années, les experts du domaine ont affiné le concept, à l’image de Thierry Paulmier, fondateur du cabinet Emothink et créateur du modèle anthropologique de l’Homo Emoticus, par opposition à la théorie comportementale de l’Homo Economicus. Ce dernier estime que l’intelligence émotionnelle relève de quatre compétences-clés :

  • La compréhension de nos propres émotions – et des comportements qui en découlent ;
  • La maîtrise de nos émotions – comprendre ce qu’elles induisent pour nous quand elles sont négatives notamment, parvenir à les « dissiper » pour poursuivre notre activité ;
  • La perception des émotions des autres – par la mobilisation de l’empathie qui permet de se connecter à autrui et que l’on peut qualifier d’ingrédient-clé de l’intelligence émotionnelle ;
  • La capacité à adopter une stratégie comportementale favorisant les émotions positives.

 

Quelle articulation entre cognition et émotion ?

Ce qui rend nos émotions « intelligentes » est leur interconnexion aux différentes fonctions cognitives qui nous permettent de raisonner, prendre du recul ou décider. Des chercheurs comme Peter Salovey et John Mayer estiment que l’intelligence émotionnelle s’exprime précisément à leur carrefour.

Ainsi, la capacité à intégrer des informations émotionnelles en complément d’analyses rationnelles, nous aide à prendre des décisions appropriées. Et quand nous pensons avoir une intuition « venue de nulle part », il n’en est rien ! Elle résulte du traitement inconscient, par notre cerveau, des souvenirs de situations comparables, des réactions émotionnelles que celles-ci avaient déclenchées, et du résultat concret qui en a résulté. Comme l’ont montré les travaux d’Alain Berthoz, l’émotion est un puissant moteur de la prise de décision.

Une autre facette de l’intelligence émotionnelle tient dans la possibilité d’évaluation des réactions d’autrui, avec davantage d’acuité, qu’elle nous octroie Nous prenons en compte la dimension rationnelle mais aussi émotionnelle desdites réactions. Cette « intégration » optimise la qualité de nos relations professionnelles (notamment), sachant que ces dernières sont devenues décisives dans des entreprises où les interactions sont constantes.

 

Quels sont les bénéfices professionnels de l’intelligence émotionnelle ?

D’après de récentes études en neurosciences, certaines régions du cortex frontal sont impliquées à la fois dans l’intelligence générale et émotionnelle. Cette zone du cerveau est connue pour son rôle essentiel dans la régulation des comportements, l’attention, la planification et la mémoire de travail. Autant de capacités cognitives que chacun de nous cherche à mobiliser en contexte professionnel !

Dans le monde du travail, faire preuve d’intelligence émotionnelle va produire différents bénéfices :

  • Favoriser l’adaptabilité professionnelle ;
  • Accompagner la prise de décision ;
  • Identifier les leviers de motivation des collaborateurs, ce qui contribue à leur engagement ;
  • Fluidifier les relations et le travail d’équipe.

Il s’agit donc d’une clé de l’animation managériale permettant de générer de l’enthousiasme, d’inciter les collaborateurs à donner le meilleur d’eux-mêmes, de soutenir un projet de changement ou d’exprimer des idées créatives lors de séances de brainstorming.

 

Comment favoriser cette compétence essentielle ?

Pour développer l’intelligence émotionnelle, il est indispensable de bien se connaître et d’identifier nos marges de progrès. Dans quelles situations s’exprime-t-elle le mieux ? Lesquelles de nos interactions manquent de fluidité, et pourquoi ? Cet autodiagnostic, qui repose sur nos expériences en situation de travail, constitue une première étape incontournable.

Il s’agit ensuite de « nourrir » un environnement et une atmosphère de travail propices à l’expression de l’intelligence émotionnelle : par exemple, en sollicitant l’avis d’un collègue et en en tenant compte ; ou encore, en tant que manager, en pratiquant des feedbacks positifs réguliers. La reconnaissance de cette soft skill participe également d’une régulation « collective » des émotions. Un certain nombre de conflits peuvent ainsi être dénoués car ils sont liés aux besoins non exprimés qui se cachent derrière les émotions.

 

Plus que jamais, l’Homo Emoticus a toute sa place en entreprise – aussi bien pour coopérer avec les autres que développer la cohésion d’équipe. Si l’intelligence émotionnelle agit sur l’efficacité professionnelle, elle alimente également un climat social favorable et contribue à la QVT, mise à l’épreuve par la crise sanitaire et le travail à distance. À cet égard, elle fait figure de compétence clé pour l’avenir.

 

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