La crise sanitaire a révélé, sinon confirmé, l’importance d’un management bienveillant basé sur l’écoute, le respect de la parole de l’autre et l’empathie. Le temps est donc à la recherche d’apaisement au sein du collectif de travail, ce qui n’est en rien antinomique d’objectifs de performance. Et si l’humilité s’imposait comme la posture la plus efficace pour porter cette dynamique vertueuse ?

L’humilité, moteur de relations de travail plus constructives

Pourquoi l’humilité va monter en puissance en 2021 ?

Début 2021, la scale-up Talentsoft a dévoilé les quatre tendances RH de l’année à venir, marquée, sans surprise, par les conséquences de la crise sanitaire sur les organisations : la virtualité, la connexion, l’authenticité et l’humilité. Sur ce dernier point, le cofondateur de Talentsoft, Alexandre Pachulski, évoque la création d’un « leadership communautaire » pour relever les défis d’aujourd’hui. À ses yeux, le management doit lui aussi se réinventer pour accompagner le développement de chaque talent et lui offrir la possibilité de réaliser ses ambitions. Pour contribuer à leur relance, les entreprises ont tout intérêt à placer l’humain au centre de leur démarche, tout en adoptant une communication honnête, transparente et fluide.

 

L’humilité, une posture intimement liée à la connaissance de soi ?

Pour bien saisir la portée de l’humilité dans le monde de l’entreprise, il est essentiel de comprendre ce qu’elle est – et ce qu’elle n’est pas.  Le psychiatre Neel Burton invite ainsi à ne pas la confondre avec la modestie. Si cette dernière est plutôt extérieure et superficielle (relevant davantage des « bonnes manières » que d’une conviction profonde) l’humilité est avant tout intérieure et solidement ancrée.

Et l’on ne naît pas humble, on le devient ! Notre éducation, nos expériences de vie vont en grande partie façonner notre rapport à nous-mêmes et aux autres. Cela impacte directement notre connaissance de soi, notre confiance en soi et, in fine, notre affirmation de soi. Plus ces éléments constitutifs de notre identité sont en adéquation, plus nous pouvons développer – et adopter – une posture authentique tout en faisant preuve d’humilité. Une personne humble « s’envisage » de façon réaliste, avec ses qualités et ses faiblesses, sans perception exagérée ni sous-estimée de sa place dans la société. Cette connaissance intime de soi apporte de la confiance et permet, finalement, de faire preuve d’assertivité sans agressivité.

 

Le facteur H, source de performance organisationnelle ?

En contexte professionnel, l’humilité est un levier intéressant pour favoriser le travail d’équipe et la montée en compétences de ses membres, ainsi que la performance collective. Pourquoi ? Ayant conscience de leurs faiblesses, les personnes humbles ont tendance à vouloir s’améliorer en écoutant autrui voire, en demandant de l’aide. Elles savent aussi identifier les points forts de leurs collègues et peuvent se concentrer sur des objectifs dépassant leurs propres intérêts.

Un facteur H (pour Honnêteté et Humilité) a même été identifié sous l’angle du leadership et de la performance des organisations. D’après une étude internationale des chercheurs Amy Y. Ou, David A. Waldman et Suzannne J. Petersen, l’humilité du dirigeant induit plusieurs types de bénéfices sur son équipe de direction :

  • Une plus grande collabore,
  • Un meilleur partage des informations,
  • Les décisions sont plus consensuelles,
  • L’équipe défend une vision commune.

Sans surprise, la stratégie de l’entreprise et sa performance gagnent alors en efficacité et en solidité. D’autres travaux confirment l’intérêt d’encourager les postures d’humilité à tous les niveaux de l’entreprise. Car le facteur H se diffuse grâce au mécanisme de contagion sociale : l’imitation du comportement du dirigeant par son premier cercle encourage une forme d’humilité collective dont chacun est en mesure de percevoir les bénéfices, générant ainsi un cercle vertueux.

 

Quelles sont les postures et les attitudes du manager humble ?

Au sein d’un collectif de travail, l’humilité facilite l’émergence de compromis, sans susciter de rancœur ni de frustrations. Et le manager est en première ligne :

  • Pour être – et rester – à l’écoute

L’humilité implique de tenir compte de l’avis d’autrui, de ses compétences et de son savoir-faire. L’écoute active permet au manager de comprendre comment son équipe réalise sa mission, d’identifier les éventuels points bloquants et d’y répondre de façon proactive.

  • Pour assumer ses responsabilités

En affirmant son rôle et en assumant son périmètre d’intervention, le manager adopte une posture active, constructive, rassurante. Et ce, afin de donner de l’autonomie à ses collaborateurs tout en les soutenant et en prenant le relais en cas de difficulté importante.

  • Pour reconnaître le travail de son équipe

L’humilité du leader se manifeste aussi par la prise en compte des efforts fournis individuellement et collectivement. La reconnaissance des contributions de chaque membre de l’équipe est un levier essentiel à l’atteinte d’objectifs.

  • Pour jouer un rôle de facilitateur

Lorsque le manager ne se sent pas menacé par la performance ou le potentiel des membres de son équipe, il leur fournit tous les moyens contribuant à la réalisation de leurs missions. Il agit ainsi pour faciliter les échanges collectifs, la prise de décision, la recherche de solutions.

 

Ces quatre postures managériales favorisent un travail collaboratif de qualité. Mais chacun, dans l’entreprise, gagnera à pratiquer l’humilité en faisant preuve de sincérité, en se montrant réceptif aux commentaires et critiques constructives, en prenant en compte l’avis ou l’expérience d’autrui et en étant capable de reconnaître ses erreurs.

 

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