Activité partielle, montée en puissance du télétravail[1], secteurs entiers à l’arrêt : les multiples effets de la crise sanitaire chahutent le monde professionnel. Dans ce contexte, quel regard les actifs portent-ils sur la formation ? S’en saisissent-ils comme d’un levier prioritaire pour maintenir leur employabilité et/ou préparer leur avenir professionnel, lequel peut passer par une reconversion ? Focus sur les principaux résultats du 2e baromètre formation-emploi[2] de Centre Inffo

 Baromètre formation-emploi de Centre Inffo : les résultats de l’édition 2021

2e baromètre formation-emploi : les répondants plutôt confiants pour l’avenir, malgré la transformation de leurs métiers

Un an après le début de la crise sanitaire, les actifs interrogés conservent une attitude positive face à l’avenir. Ils sont en effet 68% à se déclarer « confiants » pour la suite de leurs parcours professionnels, 15% d’entre eux se disant même « très confiants ». Notons toutefois qu’ils étaient 75% dans la 1re édition du baromètre formation-emploi de Centre Inffo[3].

En parallèle, l’évolution des métiers et des besoins en compétences se fait de plus en plus sentir. 42% des répondants estiment ainsi que leur métier « évolue très vite » – 9 points de plus que dans le baromètre précédent.

Dans ce contexte – et c’est sans doute l’un des résultats les plus significatifs de l’enquête -, 47% des actifs interrogés se préparent à se reconvertir professionnellement : 20% d’entre eux ont déjà engagé la démarche quand 27% l’envisagent. Parmi les motivations invoquées, le désir de « faire un métier plus proche de ses valeurs » surperforme, à 86% ! Les questionnements nés durant le 1er confinement ont visiblement persisté. Il convient toutefois de noter les différences de positionnement selon les catégories socioprofessionnelles et le lieu de résidence : les ouvriers sont ainsi 70% à souhaiter « améliorer leur employabilité, leur rémunération » – pour 57% des répondants, toutes catégories confondues –, alors que les CSP+ et les habitants de l’Île-de-France sont 89% à vouloir se rapprocher de leurs « valeurs ».

 

Des répondants conscients d’être les 1ers acteurs de leur évolution professionnelle

Le regard porté par les bénéficiaires de la formation professionnelle sur celle-ci, est très positif : 90% des répondants l’associent à une « opportunité de s’améliorer dans sa pratique professionnelle », 89% la voient comme une « chance d’évoluer professionnellement » et 88%, comme une « nécessité pour conserver son employabilité sur le marché du travail ».

Un enthousiasme toutefois minoré à certains égards. La formation professionnelle est en effet perçue comme contraignante par 59% des actifs interrogés (-1 point par rapport à la 1re édition du baromètre formation-emploi). Si 27% la considèrent également comme « inutile » – car inadaptée – et « non transposable dans le quotidien professionnel », il faut noter que ces chiffres sont en baisse de 9 points par rapport à l’an dernier.

La question de la « responsabilité » de se former enregistre une évolution encore plus significative. 78% des actifs interrogés voient ainsi « la personne, l’individu » comme principaux moteurs de la formation professionnelle – un pourcentage en hausse de 14 points[4] ! Concrètement, sont-ils pour autant « suffisamment acteurs » de leurs propres parcours ? 67% d’entre eux estiment que oui, en hausse de 11 points par rapport au 1er baromètre formation-emploi de Centre Inffo. Par ailleurs, en dehors de la personne elle-même, les organismes de formation (75%) et les employeurs (74%) sont les principaux intervenants du système, identifiés.

 

Une réelle volonté de formation en 2021

Les actifs interrogés sont en effet fermement décidés à passer à l’action ! Ils sont ainsi 48% à « prévoir de se former » dans les 12 prochains mois. Un pourcentage toutefois en légère baisse : -3 points par rapport au précédent baromètre formation-emploi. Pour les personnes ne l’envisageant pas, les freins majeurs tiennent dans le manque de temps (33%, +3 points) et le fait qu’aucune offre ne corresponde à leurs besoins (25%, -3 points).

Signalons également un biais d’interprétation possible : certaines personnes peuvent ne pas viser de formations car elles en ont réalisées les années précédentes ! Bien qu’il soit désormais nécessaire de renouveler ses compétences en continu, cela n’induit pas d’engager un parcours chaque année.

Quant au type de compétences à développer, l’informatique, les langues étrangères – l’anglais en priorité – et le management trustent les premières places. Le secteur médical recueille aussi un grand nombre de suffrages.

 

Un système de formation toujours perçu comme complexe, malgré les efforts engagés

Si la réforme de la formation professionnelle de 2018 a mis en lumière le CPF  – 85% des répondants le connaissent, 63% en ayant même une « bonne connaissance » -, le nombre de personnes au fait du montant dont ils disposent pour se former reste minoritaire, à 42%. Un pourcentage toutefois en hausse de 17 points par rapport à la 1re édition du baromètre formation-emploi de Centre Inffo !

Globalement, 55% des actifs interrogés s’estiment « mal informés » en matière de formation professionnelle. Dans le détail, l’apprentissage (88%), le bilan de compétences (87%) et la validation des acquis de l’expérience (VAE – 80%), sont les dispositifs de formation les plus connus. A contrario, Pro-A (reconversion et promotion par l’alternance) et Cléa (socle de connaissances et de compétences professionnelles) restent largement méconnus (33 et 29%).

Au-delà des dispositifs, les répondants ont besoin de davantage d’informations sur les possibilités de financement, les modalités d’accompagnement et les métiers porteurs, notamment.

 

L’essentiel à retenir :

  • Près de la moitié des actifs interrogés projettent de suivre une formation dans les 12 mois à venir.

  • 20% des répondants à l’enquête ont déjà entamé une démarche de reconversion professionnelle.

  • Si le CPF est désormais connu de 85% d’entre eux, ils sont pourtant plus de la moitié à s’estimer « mal informés » sur la formation professionnelle en général. Un dispositif tel que le Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) souffre par exemple d’un manque criant de notoriété : seuls 40% des répondants en ont entendu parler.

 

[1]  Sur ce sujet : consulter notre article dédié.

[2] Enquête réalisée en janvier 2021 auprès de 1 626 actifs français, par l’institut CSA pour Centre Inffo (questionnaire de 15 minutes administré en ligne).

[3] On observe également des disparités entre les catégories socioprofessionnelles et les tranches d’âge : les cadres et les 25/34 ans sont plus confiants que les ouvriers et les 50/64 ans.

[4] Certaines populations demeurent néanmoins plus fragiles à cet égard, avec un besoin de soutien et d’accompagnement beaucoup plus marqués – salariés peu qualifiés, employés du BTP, personnes en recherche d’emploi.